Quels besoins en logements pour les jeunes actifs en Normandie ?

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Cette étude, initiée en 2021 par la DREAL Normandie en partenariat avec l’URHAJ, a pour objectifs de connaître de manière fiable le profil des jeunes actifs en Normandie et d’identifier leurs besoins en logements afin d’en dégager des préconisations adaptées.

Le contexte

Dans le cadre du plan national « 80 000 logements pour les jeunes » et pour définir une stratégie régionale sur le territoire Normand, un premier diagnostic a été initié en 2020 afin de connaître les besoins en logements étudiants. En 2021, une démarche similaire a été menée, cette fois pour les besoins en logements des jeunes actifs (- de 30 ans aux ressources fragiles).

Le zonage « Besoins en Logements » (zones BEL)

A l’échelle de la Normandie, 32 zones BEL ont été recensées :

  • 7 dans le Calvados
  • 7 dans l’Eure
  • 5 dans la Manche
  • 4 dans l’Orne
  • 9 dans la Seine-Maritime

Les jeunes et le logement en Normandie

Démographiquement, la Normandie compte 3 319 001 habitants en 2017. Sur les 565 551 jeunes âgés de 15 à 29 ans recensés, la majorité est localisée sur la métropole rouennaise et les grandes agglomérations de Caen, du Havre et de Cherbourg.

Les jeunes normands sont en moyenne davantage en emploi que les autres sur le plan national. Ils n’échappent cependant pas à la précarité, tant sur le plan économique, social ou face à la problématique du logement. Le taux de pauvreté des jeunes en Normandie s’élève à 22%.

Beaucoup de jeunes sont dans des situations précaires face au logement : 322 348 d’entre eux sont bénéficiaires des aides de la CAF.

21 341 apprentis en emploi ont été recensés sur le territoire normand en 2018 induisant des problématiques de double, voire de triple logement (logement des parents, celui du CFA de rattachement et celui de l’entreprise). C’est le cas de plus d’une zone BEL sur deux en Normandie.

Le parc de logements normands

En Normandie, on compte 1 813 618 logements privés et 309 967 logements sociaux. Le parc privé compte 67% de maison pour 33% d’appartements. 48% du parc social est implanté sur les grandes agglomérations de Rouen, du Havre et de Caen.

Les jeunes âgés de 18 à 30 ans représentent 1 demandeur sur 5 en logement social en Normandie : 19 348 pour 81 581 demandes. 16% demandent des petits logements de type chambre ou T1 et 66% demandent des logements intermédiaires de type T2 et T3. Le parc public ne dénombre que 20% de petits logements (4% de T1 et 16% de T2), il en est de même pour le parc privé.

L’ancienneté des logements ou leur vétusté (notamment énergétique) représente un enjeu à prendre en considération notamment auprès du public des jeunes actifs.

État des lieux de l’offre de logements pour jeunes actifs

Les structures collectives

On retrouve en Normandie :

  • 23 FJT et 20 antennes
  • 6 résidences jeunes salariés/jeunes actifs
  • 2 résidences de compagnons du devoir
  • 1 maison de saisonnier

On retrouve également 15 CLLAJ (comité local pour le logement autonome des jeunes), 1 SHAJ (service habitat jeunes) et 34 permanences en Normandie permettant d’accueillir, d’informer et d’accompagner les jeunes dans leur problématique logement.

Les logements en diffus

L’offre en diffus se caractérise par des logements indépendants les uns des autres et dépourvus d’espaces collectifs, ils présentent des formes variées :

  • Hébergement chez l’habitant
  • Colocation (dont la colocation solidaire)
  • Logement du parc social
  • Logement privé communal

Cette offre peut s’appuyer sur différents dispositifs d’intermédiation solidaire. Ce système permet, grâce à l’intervention d’un tiers social de sécuriser et de simplifier la relation entre le locataire et la bailleur. Elle repose sur un principe solidaire : les logements sont loués à des ménages en grande précarité.

On retrouve 2 formes d’intermédiation locative :

  • La sous-location : le propriétaire loue son logement à une association agréée par la préfecture, pour une durée de 3 ans renouvelables. L’association est locataire et assure le paiement des loyers et des charges, l’entretien courant et la remise en état du logement.
  • Le mandat de gestion : le propriétaire fait appel à une agence immobilière à vocation sociale (AVS) qui le met en relation avec le locataire et établit le bail (3 ans minimum)

Répartition des logements pour jeunes actifs sur le territoire normand

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Synthèse de l’étude de diagnostic de l’offre en logement pour les jeunes actifs en Normandie – Urhaj/Dreal Normandie – 2022

Besoins et préconisations sur le territoire normand

La couverture de l’offre en logements pour jeunes actifs est inégale en Normandie :

  • Des zones sont relativement bien équipées comme la Manche, l’Orne et l’Eure
  • Des zones présentent une couverture inégale dans le Calvados et la Seine-Maritime
  • Des zones blanches sont en 2021 quasiment dépourvues en logements jeunes actifs : les zones BEL 1, 4, 5 à dominante touristique du Calvados et les zones BEL 27, 28, 30, 31 à dominante rurale de Seine-Maritime.

Une cartographie a été établie afin d’évaluer le besoin en logements jeunes actifs par zone BEL :

  • Des besoins importants sur le littoral du Calvados (zone BEL de Cabourg, Bayeux et Deauville notamment liés à la problématique saisonnière) et les agglomérations du Havre, de Caen, de Cherbourg et d’Evreux.
  • Des besoins non négligeables ont été relevés sur l’ensemble des territoires normands (Manche, sud Calvados, Orne, Eure…) mais des études plus localisées seraient à mener pour qualifier et quantifier plus précisément ces besoins.

Ainsi, le calibrage prévisionnel du nombre de logements nécessaires à l’horizon 2030 en Normandie se situe entre 570 et 810 logements :

  • Calvados : entre 195 et 340
  • Eure : entre 120 et 125
  • Manche : entre 110 et 130
  • Orne : entre 40 et 60
  • Seine-Maritime : entre 105 et 140

Conclusion

Cette étude doit permettre l’initiation de nouveaux projets sur les territoires normands dans le besoin. Les enjeux portés par l’étude concernent l’ensemble des acteurs en charge du logement des jeunes actifs (URHAJ, services de l’État, porteurs de projet, associations, collectivités, partenaires sociaux, bailleurs…) Il sera donc indispensable de :

  • travailler conjointement à un accompagnement optimal des projets futurs sur l’ensemble des territoires

  • d’adapter l’offre en logement aux nouveaux usages, besoins et temporalités des jeunes

  • de promouvoir une offre en logement diversifiée et adaptée aux spécificités de chaque territoire et de garantir la mixité sociale des futures opérations, quelle que soit la nature de l’offre envisagée.